Santé mentale et TDAH : mettre de la clarté sur un parcours longtemps confus

29 Jan 2026 | Santé mentale

Pendant longtemps, j’ai eu l’impression d’être toujours à côté de la plaque.

Pas complètement absente, pas totalement présente non plus. Juste décalée. Pas comme les autres.

Très tôt, ce sentiment s’est installé. À l’école, j’étais “nulle”. “Tête en l’air”. “Pas concentrée”. “Trop lente” ou “pas assez sérieuse”.

Autour de moi, les remarques s’accumulaient. Trop ceci. Pas assez cela.

J’ai grandi avec ces étiquettes collées à la peau, sans vraiment comprendre ce qui clochait. Je sentais bien qu’il y avait quelque chose, mais je ne savais ni quoi, ni comment le nommer.

À l’adolescence, tout s’est déplacé dans l’excès. Les émotions, les choix, les réactions. Comme si tout devait être vécu plus fort, plus vite, plus intensément.

Avec le recul, je vois combien il y avait de la souffrance à chaque étape. Une souffrance diffuse, rarement formulée, souvent minimisée.

À l’âge adulte, cette souffrance ne disparaît pas. Elle change simplement de forme.

J’ai pris beaucoup de décisions sous l’impulsion. D’autres sous l’influence de l’entourage. Par besoin d’appartenance, par peur de mal faire, par incapacité à m’écouter vraiment.

Ce n’était pas de l’inconscience. C’était une tentative de faire au mieux avec ce que je comprenais de moi à ce moment-là.

Mettre des mots sur tout cela ne s’est pas fait d’un coup. Cela a pris du temps. Et cela continue encore aujourd’hui.

Parler de santé mentale depuis le vécu

Sur Onaïa, je n’écris pas sur la santé mentale comme un sujet abstrait.

J’écris depuis ce que j’ai traversé, depuis ce que j’observe encore, depuis ce que je continue de comprendre avec le temps.

La santé mentale n’est pas pour moi un état à atteindre.

C’est un équilibre mouvant, fragile, parfois précaire, souvent invisible.

Elle se manifeste dans le quotidien :

  • dans la manière dont le mental s’emballe ou s’épuise
  • dans la difficulté à tenir certains cadres
  • dans le besoin de récupérer plus que les autres
  • dans cette fatigue qui ne disparaît pas toujours avec le repos

Ce sont des réalités qui existent, même quand elles ne se voient pas.

Le TDAH comme pièce manquante du puzzle

Pendant des années, j’ai été suivie psychologiquement.

Des diagnostics ont été posés, ajustés, parfois remis en question.

Il y avait la dépression chronique.

Le trouble anxieux généralisé, avec l’agoraphobie et la phobie sociale.

Les difficultés liées à l’attachement, cette peur diffuse de l’abandon.

Et cette obésité morbide, lourde à porter, autant dans le corps que dans le regard posé sur soi.

Pris séparément, chacun de ces éléments expliquait une partie de ce que je vivais.

Mais l’ensemble restait confus, fragmenté, difficile à relier.

Quelque chose manquait.

Lorsque le diagnostic de TDAH est enfin arrivé, bien que trop tardivement, tout s’est aligné.

Pas comme une hypothèse de plus, mais comme la pièce centrale du puzzle.

C’était un TDAH sévère, passé inaperçu pendant des années.

Et soudain, tout devenait lisible.

Les difficultés scolaires.

La sensation permanente d’être à côté.

L’impulsivité.

Les excès émotionnels.

Les décisions prises trop vite, ou sous influence.

La fatigue mentale constante.

Le sentiment d’être trop intense, trop instable, ou jamais “comme il faut”.

Ce diagnostic n’a pas seulement expliqué mon fonctionnement.

Il a aussi permis de comprendre autrement tout ce qui gravitait autour.

Ce qui avait été vécu comme une accumulation de troubles est devenu compréhensible comme des troubles associés, des comorbidités fréquemment liées à un TDAH non diagnostiqué.

Ce n’était plus une succession de défaillances personnelles.

C’était une histoire cohérente, enfin lisible.

Cela n’a pas effacé la souffrance.

Mais cela lui a donné un sens.

Et quand la souffrance devient intelligible, elle cesse d’être une condamnation.

Mettre des mots sans se réduire à eux

Nommer le TDAH n’a pas été s’enfermer dans une étiquette.

Cela a été, au contraire, une libération.

Cela m’a permis de comprendre que beaucoup de choses que je me reprochais relevaient d’un fonctionnement neurologique ignoré trop longtemps.

Que certaines réactions n’étaient pas des failles de caractère.

Que certaines décisions impulsives étaient des tentatives de survie intérieure.

Aujourd’hui, ces difficultés existent encore.

Elles demandent de l’attention, des ajustements, de la douceur.

Mais elles ne me définissent plus.

Elles sont des réalités à prendre en compte, pas une identité à porter.

Écrire pour remettre de la clarté là où tout a longtemps été confus

Si j’écris sur la santé mentale ici, ce n’est pas pour expliquer, ni pour convaincre.

Encore moins pour poser des étiquettes sur qui que ce soit.

J’écris parce que pendant longtemps, j’ai vécu dans une forme de confusion intérieure.

Avec cette impression persistante de ne pas fonctionner comme il faudrait.

De faire faux, même en faisant de mon mieux.

Mettre des mots sur mon fonctionnement, tardivement, a été un tournant.

Pas parce que tout s’est arrangé.

Mais parce que j’ai enfin pu relier les points.

Comprendre n’efface pas le passé.

Mais comprendre change la manière de se regarder.

Aujourd’hui, je sais que beaucoup de choses que j’ai vécues n’étaient pas des échecs personnels.

Elles étaient les conséquences d’un fonctionnement ignoré trop longtemps, d’une souffrance mal lue, d’un besoin de compréhension resté sans réponse.

Écrire, ici, c’est une manière de continuer ce travail de clarté.

De ne plus laisser les zones floues décider seules de la valeur que l’on se donne.

Si ces mots résonnent pour toi

Tu n’as rien à conclure.

Rien à diagnostiquer.

Rien à décider après avoir lu ces textes.

Tu peux simplement reconnaître quelque chose.

Ou pas.

Peut-être que certaines phrases feront écho à ton histoire.

Peut-être que d’autres ne te concerneront pas du tout.

Tout est juste.

La santé mentale n’est pas un parcours linéaire.

Ce n’est pas une progression mesurable.

C’est une relation que l’on entretient avec soi, dans le temps, avec des avancées, des retours en arrière, des ajustements constants.

Si ces articles t’aident à te sentir moins seule, moins défaillante, moins en faute face à ce que tu ressens, alors ils ont déjà leur place.

Le reste n’a pas besoin d’être précipité.

Ici, il n’y a rien à prouver.

Seulement des expériences à reconnaître, à ton rythme.

Christelle

Salut ! Moi c'est Christelle

Exploratrice de l’âme et amoureuse des mots, j’ai créé Onaïa pour partager des pratiques qui m’accompagnent au quotidien : écrire, méditer, ralentir, accueillir la vie avec plus de conscience et de gratitude.

Rejoins Onaïa pour accéder aux cours gratuits

C'est par ici

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

D'autres articles que tu pourrais aimer...

Aucun résultat

La page demandée est introuvable. Essayez d'affiner votre recherche ou utilisez le panneau de navigation ci-dessus pour localiser l'article.

Bien-être

Santé mentale, psychique, corporelle

Catégorie d'articles - Bien-être
5

Dev Perso

Pour faire évoluer ton état d'esprit

Catégorie d'articles - Développement personnel
5

Journaling

Ecriture et rituels quotidiens

Catégorie d'articles - Journaling
5

Spiritualité

Chemin intérieur laïque, sans dogme

Catégorie d'articles - Spiritualité
5

Liens généraux

A propos

Blog

Cours & Ressources

Communauté

Informations

Envoie un message

Témoignages

FAQ

© 2026. Tous droits résevés.
Soit la première à laisser un témoignage.