Cet article fait partie d’une série consacrée au journaling. Chaque texte explore un aspect différent de cette pratique, à lire dans l’ordre ou selon ce que tu traverses en ce moment.
- 1. Quand écrire devient une manière d’habiter sa vie
- 2. Quand le journaling prend des formes multiples, selon ce que tu traverses
- 3. Quand l’envie d’écrire est là, mais que le premier pas reste flou
- 4. Quand le journaling apaise le tumulte intérieur
- 5. Quand le journaling accompagne les changements qui s’installent
- 6. Quand le journaling soutient l’apprentissage vivant
- 7. Quand le journaling aide à revenir à l’instant présent
- 8. Quand le journaling rouvre l’espace à la créativité
- 9. Quand le journaling trouve doucement sa place dans le quotidien
- 10. Quand le journaling accompagne un esprit qui fonctionne autrement
Tu peux commencer par le premier article ou te laisser guider par celui qui résonne le plus avec ton état intérieur du moment.
Il existe une idée très répandue selon laquelle les habitudes détermineraient tout.
Que ce que l’on répète façonnerait notre manière de vivre, de penser, d’agir. Et qu’il suffirait de tenir suffisamment longtemps pour qu’un geste devienne naturel.
Dans la réalité, les choses sont souvent plus nuancées.
Certaines pratiques s’installent facilement.
D’autres demandent du temps.
D’autres encore ne trouvent leur place que par intermittence.
Le journaling fait partie de ces gestes qui ne se laissent pas toujours apprivoiser par la volonté seule. Il ne s’impose pas. Il s’invite.
La régularité comme relation, pas comme contrainte
Écrire tous les jours n’est pas un prérequis.
Ce qui compte n’est pas la fréquence parfaite, mais la relation que l’on entretient avec l’écriture. Revenir au journal quand le besoin se fait sentir. Ne pas rompre le lien, même après une pause.
Ce lien se tisse lentement.
Au début, écrire peut sembler maladroit. Les mots résistent. Le temps manque. Le geste paraît artificiel. Puis, peu à peu, quelque chose se détend. L’écriture devient plus fluide, non parce qu’elle est maîtrisée, mais parce qu’elle est reconnue comme un espace possible.
Créer des conditions qui soutiennent, sans ritualiser à l’excès
Certaines choses peuvent faciliter la présence à l’écriture.
- Un outil agréable.
- Un endroit familier.
- Un moment relativement calme.
Non pas comme des règles à suivre, mais comme des appuis.
Il peut être réconfortant de s’installer toujours au même endroit, ou au contraire de varier les lieux. De boire une boisson chaude. D’écrire près d’une fenêtre. D’être entourée de silence ou d’un fond sonore discret.
Ces détails n’ont rien d’obligatoire.
Ils servent simplement à rendre l’expérience plus accueillante.
Des appuis possibles pour laisser l’écriture s’installer
Quand l’écriture cherche à trouver sa place dans le quotidien, certaines choses peuvent aider.
Pas comme des règles à suivre, ni comme des étapes à respecter, mais comme des points d’appui. Des éléments qui rendent le geste plus accessible, plus vivant.
Il n’est pas question de tout mettre en place. Une seule de ces propositions peut suffire. L’important reste la relation que tu tisses avec ton journal.
Voici une liste dans laquelle tu peux piocher librement.
- Ne pas se presser et laisser la pratique s’installer à son rythme
- Choisir des outils simples et agréables, qui donnent envie d’écrire
- Être pleinement présente pendant le moment d’écriture, même s’il est court
- Écrire à peu près au même moment de la journée, si cela soutient
- Revenir à l’écriture sans se demander si l’on “fait bien”
- S’inspirer de la nature, d’un paysage, d’une saison, d’un détail observé
- Partager parfois son enthousiasme pour l’écriture, si l’envie est là
- Se sentir reliée à d’autres personnes qui écrivent, même de loin
- Trouver un endroit où l’on se sent suffisamment tranquille pour écrire
- Accompagner l’écriture d’une boisson chaude ou familière
- S’installer dans un fauteuil, une chaise, un coin qui devient un repère
- Écrire occasionnellement avec un enfant, si cela a du sens
- Réduire les distractions extérieures autant que possible
- Créer une ambiance douce, par une odeur, une lumière ou le silence
- Laisser le carnet visible, pour se rappeler qu’il existe
- Prévoir parfois un moment dans son agenda, sans rigidité
- Avoir toujours de quoi écrire à portée de main
- Se faire un petit cadeau quand une intention posée dans le journal a évolué
- Se pardonner les périodes sans écriture
- Ne poser aucune limite à la forme que peut prendre le journaling
Cette liste n’a pas vocation à être suivie.
Elle existe pour rappeler qu’il y a mille manières de soutenir une pratique, et qu’aucune n’est obligatoire.
Accepter les allers-retours
Tenir un journal n’est jamais une ligne droite.
Il y a des périodes d’élan, où écrire semble évident. Et d’autres où le carnet reste fermé, parfois longtemps. Ces pauses ne disent rien de la valeur de la pratique.
- Revenir après une interruption demande souvent plus de douceur que de discipline.
- Se pardonner de ne pas avoir écrit.
- Reprendre sans se justifier.
- Continuer là où l’on est.
C’est souvent ainsi que le journaling s’inscrit durablement dans une vie.
Relire ses journaux, un autre geste de présence
Écrire est une forme de soin.
Relire en est une autre.
Avec le temps, les carnets s’accumulent. Ils deviennent des témoins silencieux de ce qui a été vécu. Des périodes traversées. Des émotions déposées. Des idées esquissées.
Revenir à ces pages offre une perspective nouvelle. Ce qui semblait insurmontable apparaît parfois autrement. La distance transforme le regard.
Se voir avec plus de nuance
Relire ses journaux permet souvent de se voir autrement.
On n’est plus plongée dans l’émotion du moment. On peut observer avec davantage de recul. Comprendre ce qui se jouait. Reconnaître ses élans, ses peurs, ses ressources.
Ce regard n’a pas besoin d’être critique.
Il peut être doux. Curieux. Bienveillant.
Relire devient alors une manière de faire la paix avec certaines versions de soi.
Une mémoire intime du chemin parcouru
Les journaux racontent une continuité que la mémoire seule ne retient pas.
Ils montrent comment les choses se sont tissées dans le temps. Comment des périodes difficiles ont été traversées. Comment certaines transformations se sont faites, lentement.
Cette mémoire écrite peut être profondément soutenante. Elle rappelle que le mouvement a existé, même lorsqu’il semblait invisible.
Transmettre, quand cela a du sens
Selon ce que l’on choisit de partager, les journaux peuvent aussi devenir un pont.
Un moyen de montrer à un proche que les doutes, les hésitations, les élans font partie de la vie. Que personne n’avance sans tâtonner.
Ce partage n’est jamais une obligation.
Il reste un choix intime.
Mais lorsqu’il se fait, il peut ouvrir une compréhension profonde.
Relire avec douceur
Revenir sur ses écrits demande une forme de délicatesse.
Les pages d’un journal contiennent des fragments de vie, pris sur le vif, sans le recul que l’on a aujourd’hui. Elles portent la trace de ce qui était possible à un moment donné, avec les ressources, les émotions et la compréhension de l’époque.
- Relire, ce n’est pas juger.
- Ce n’est pas corriger.
- Ce n’est pas mesurer le chemin parcouru à l’aune de ce que l’on sait maintenant.
C’est reconnaître la personne que l’on était en train de devenir.
En relisant, on peut voir autrement certaines périodes. Comprendre des réactions qui semblaient confuses. Mesurer une résilience que l’on n’avait pas perçue sur le moment. Constater que ce qui paraissait figé a, en réalité, évolué.
Cette relecture invite souvent à plus de nuance.
À moins de dureté envers soi-même.
À davantage de compréhension.
Avec le temps, le journal devient alors bien plus qu’un carnet rempli. Il se transforme en fil vivant, tissé au fil des années. Un fil qui relie les différentes versions de soi, sans les opposer.
Relire avec douceur, c’est honorer ce fil. C’est reconnaître le chemin parcouru, sans chercher à le résumer ni à le justifier.
Et parfois, dans ce simple geste, quelque chose s’apaise.
Peut-être que le journaling n’est rien d’autre que cela. Un fil que l’on déroule, parfois lentement, parfois par à-coups, pour rester en lien avec ce qui se vit.








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