Cet article fait partie d’une série consacrée au journaling. Chaque texte explore un aspect différent de cette pratique, à lire dans l’ordre ou selon ce que tu traverses en ce moment.
- 1. Quand écrire devient une manière d’habiter sa vie
- 2. Quand le journaling prend des formes multiples, selon ce que tu traverses
- 3. Quand l’envie d’écrire est là, mais que le premier pas reste flou
- 4. Quand le journaling apaise le tumulte intérieur
- 5. Quand le journaling accompagne les changements qui s’installent
- 6. Quand le journaling soutient l’apprentissage vivant
- 7. Quand le journaling aide à revenir à l’instant présent
- 8. Quand le journaling rouvre l’espace à la créativité
- 9. Quand le journaling trouve doucement sa place dans le quotidien
- 10. Quand le journaling accompagne un esprit qui fonctionne autrement
Tu peux commencer par le premier article ou te laisser guider par celui qui résonne le plus avec ton état intérieur du moment.
Les êtres humains sont des créatures d’habitudes.
Même celles et ceux qui aiment le changement finissent souvent par s’installer dans une forme de répétition. Les gestes se stabilisent. Les manières de penser se structurent. Les chemins empruntés deviennent familiers.
Cela n’a rien de négatif. Les habitudes soutiennent, sécurisent, permettent d’avancer sans tout réinventer chaque jour.
Mais parfois, elles enferment un peu.
La créativité ne disparaît pas. Elle se met simplement en retrait, en attente d’un espace plus souple pour réapparaître.
Le journaling peut devenir cet espace.
Non pas pour forcer l’inspiration, ni pour produire des idées originales à tout prix, mais pour desserrer les cadres intérieurs, doucement.
Quand créer ne passe plus seulement par son médium habituel
Certaines personnes ont un accès direct à leur créativité.
- La peintre peint.
- L’écrivaine écrit.
- La sculptrice façonne la matière.
Le geste créatif est alors presque instinctif. Il circule naturellement.
Mais même chez les personnes créatives, il arrive que quelque chose se fige. Une impression de tourner en rond. De rester dans ce qui est connu. De ne plus sentir l’élan d’explorer autrement.
Dans ces moments-là, changer de médium peut ouvrir une brèche.
Le journaling offre cet entre-deux.
Il n’est ni totalement artistique, ni purement intellectuel.
Il permet de jouer, d’essayer, de rater, sans enjeu.
Le journaling comme terrain d’expérimentation personnelle
Créer dans un journal, ce n’est pas chercher un résultat.
C’est accepter de se déplacer intérieurement, sans savoir exactement où cela mène.
Certaines formes de journaling favorisent particulièrement ce mouvement.
Penser autrement, en donnant une forme visuelle aux idées
Il arrive que les idées soient présentes, mais désorganisées.
Elles se superposent, se croisent, se répondent, sans trouver de structure claire. Dans ces moments-là, une pensée linéaire peut devenir limitante.
La carte mentale offre une autre approche.
Plutôt que de suivre un fil unique, elle permet de déployer les idées dans l’espace. Un mot, une notion, une question devient un point de départ. Autour de lui, d’autres éléments apparaissent, se relient, se développent.
Ce type de journaling convient souvent aux personnes qui pensent en images, en associations, en mouvements larges. Il autorise une pensée plus libre, moins contrainte par l’ordre ou la logique immédiate.
Laisser les mots guider l’imaginaire
D’autres formes de journaling s’appuient sur des propositions, des amorces, des phrases ouvertes.
Non pour diriger la pensée, mais pour lui donner une impulsion.
Face à la page blanche, l’imaginaire peut se figer. Un simple point de départ suffit parfois à relancer le mouvement. Une question inhabituelle. Une consigne volontairement décalée. Une invitation à écrire ou à dessiner autrement.
Certaines personnes ont besoin de sortir de leur cadre habituel. De lâcher le contrôle. D’accepter le désordre, l’imprévu, le jeu.
Dans ces cas-là, le journaling devient un espace où l’on peut expérimenter sans conséquence. Salir la page. Raturer. Coller. Défaire.
La créativité s’y manifeste souvent de manière inattendue, précisément parce qu’elle n’est pas attendue.
Quand la créativité a besoin d’un cadre collectif
La créativité ne se vit pas toujours seule.
Dans certains contextes, elle se nourrit de la présence des autres, des échanges, des regards croisés. Non pour comparer, mais pour ouvrir le champ des possibles.
Le journaling peut alors devenir un support commun.
Un espace partagé, même si l’écriture reste personnelle.
Écrire côte à côte, autour d’une question ou d’un thème, permet parfois de faire émerger des idées qui ne seraient pas venues autrement. Le fait de poser par écrit ce qui traverse chacun crée une matière riche, multiple, souvent surprenante.
Utiliser l’écriture pour soutenir un processus en cours
Dans un cadre collectif ou professionnel, le journaling peut accompagner un projet, une réflexion, une transition.
Il permet de garder trace des idées, des intuitions, des ajustements. De noter ce qui évolue, ce qui résiste, ce qui se clarifie au fil du temps.
Mais là encore, l’intérêt n’est pas la performance ni l’efficacité immédiate.
Le journal soutient le processus.
Il aide à rester en lien avec le mouvement créatif, même quand celui-ci ralentit.
Quand penser autrement commence par s’autoriser
La créativité ne se décrète pas.
Elle apparaît souvent quand on cesse de vouloir être créative. Quand on accepte de ne pas savoir. De ne pas être originale. De ne pas produire quelque chose de “valable”.
Le journaling crée cet espace de permission.
Il n’y a pas de regard extérieur. Pas de jugement. Pas d’attente de résultat. Ce qui se déploie sur la page existe pour lui-même.
Et c’est souvent dans cet espace-là que des idées nouvelles émergent. Non parce qu’on les a cherchées, mais parce qu’on leur a laissé de la place.
Le journaling comme lieu de liberté intérieure
Pratiquer le journaling pour nourrir la créativité, ce n’est pas chercher à penser mieux ou plus vite.
C’est accepter de penser autrement, parfois plus lentement, parfois de travers, parfois sans direction claire.
Le journal devient alors un lieu de liberté intérieure.
Un espace où l’on peut sortir des cadres connus, non pour les rejeter, mais pour les élargir.
Et parfois, cela suffit à relancer un mouvement créatif, discret mais vivant, qui trouve ensuite sa place ailleurs.
Revenir à l’instant présent est un geste simple, mais profond. Quand il se répète, même de manière irrégulière, il tisse un fil dans le temps, une continuité discrète que le journal garde en mémoire.








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