Série d’articles
Renforcer la confiance en soi
Cette série d’articles explore différentes manières de soutenir la confiance en soi,
avec douceur et sans injonction. Chaque article aborde un angle spécifique,
pour t’aider à mieux comprendre ta relation à toi-même, à ton corps et à ton dialogue intérieur.
- Prendre soin de soi pour renforcer la confiance en soi
- Reprendre confiance en soi en reconnaissant le chemin parcouru
- Affirmations et posture corporelle pour soutenir la confiance en soi
- Transformer le dialogue intérieur pour soutenir la confiance en soi
- Créer des conditions favorables pour renforcer la confiance en soi
- Apprendre à interrompre les pensées négatives pour la confiance en soi
- Bouger pour soutenir la confiance en soi, sans pression ni performance
Ces articles peuvent être lus dans l’ordre ou indépendamment, selon ce qui résonne le plus pour toi aujourd’hui.
Les pensées négatives ont ceci de particulier qu’elles s’installent souvent sans prévenir. Elles surgissent dans le flux du quotidien, se glissent entre deux actions, et commentent ce que tu fais, ce que tu ressens, ce que tu crois être capable d’accomplir ou non.
Elles font partie de ce dialogue intérieur permanent dont nous avons déjà parlé. Et lorsqu’elles deviennent envahissantes, elles peuvent fragiliser profondément la confiance en soi, parfois sans que l’on s’en rende compte immédiatement.
Je pense qu’il est important de préciser une chose dès le départ : avoir des pensées négatives n’est pas un échec. Ce n’est pas non plus le signe que quelque chose ne va pas chez toi. C’est une expérience humaine, courante, particulièrement dans les périodes de doute, de fatigue ou de transition.
L’enjeu n’est donc pas de faire disparaître toute pensée négative, mais d’apprendre à ne plus leur laisser toute la place.
Comprendre le fonctionnement des pensées automatiques
Les pensées négatives ne sont pas toujours le fruit d’une réflexion consciente. Elles apparaissent souvent de manière automatique, comme des réflexes mentaux.
Un mot maladroit, une erreur, un regard perçu comme critique, et aussitôt une phrase intérieure surgit :
- “Je suis incapable.”
- “Je n’y arriverai jamais.”
- “À quoi bon essayer ?”
Ces pensées peuvent sembler vraies sur le moment, simplement parce qu’elles sont familières. À force d’être répétées, elles prennent une forme d’autorité intérieure, comme si elles décrivaient la réalité alors qu’elles n’en sont qu’une interprétation.
Je pense qu’apprendre à faire la différence entre une pensée et un fait est une étape essentielle pour préserver la confiance en soi.
La première étape : observer sans corriger
Avant de chercher à changer quoi que ce soit, il est nécessaire de commencer par observer.
La plupart des personnes ne réalisent pas à quel point leur esprit est actif. Les pensées se succèdent si rapidement qu’elles passent inaperçues, sauf lorsqu’elles provoquent une émotion forte.
Je t’invite donc à porter ton attention sur ce qui se dit intérieurement, sans chercher à intervenir immédiatement.
Cela peut se faire à différents moments :
- Après une interaction sociale
- Lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu
- Face à une tâche nouvelle ou inconfortable
- Dans les moments de fatigue
L’objectif n’est pas d’analyser, mais simplement de repérer.
Quels mots reviennent souvent ?
Quel ton est employé ?
Est-il dur, moqueur, décourageant, méprisant ?
Prendre conscience de ce dialogue intérieur est une étape fondamentale. Sans cette conscience, toute tentative de changement reste superficielle.
Identifier les pensées qui fragilisent
Toutes les pensées négatives n’ont pas le même impact. Certaines sont passagères, d’autres s’installent plus durablement.
Je pense qu’il est particulièrement important de repérer celles qui :
- Te rabaissent
- Généralisent (“toujours”, “jamais”)
- Remettent en cause ta valeur globale
- Anticipent systématiquement l’échec
Cela peut inclure des formes de dérision envers toi-même, parfois déguisées en humour. Même si elles semblent légères, ces phrases répétées finissent souvent par affaiblir la confiance.
Les identifier clairement permet déjà de créer une première distance.
Interrompre une pensée négative
Une fois que tu commences à reconnaître certaines pensées, l’étape suivante consiste à les interrompre.
Cela ne signifie pas les combattre avec violence, ni les chasser à tout prix. Il s’agit plutôt de marquer un arrêt intérieur.
Lorsque tu repères une pensée qui te dévalorise, tu peux simplement te dire, intérieurement :
- “Ce n’est qu’une pensée.”
- “Ce que je me dis là n’est pas un fait.”
- “Je n’ai pas besoin de croire tout ce que je pense.”
Cette interruption crée un espace. Elle empêche la pensée de se dérouler automatiquement et d’entraîner toute une cascade d’émotions.
Je pense que ce simple arrêt, répété avec douceur, peut déjà changer beaucoup de choses.
Remettre en question sans se brusquer
Une fois la pensée interrompue, il devient possible de l’examiner avec un peu plus de recul.
Tu peux te demander :
- Est-ce que cette pensée est totalement vraie ?
- Est-ce qu’elle est exagérée ?
- Est-ce que je dirais cela à quelqu’un que j’aime ?
Il ne s’agit pas de prouver que la pensée est fausse dans l’absolu, mais de reconnaître qu’elle est souvent partielle, émotionnelle et contextuelle.
Cette remise en question permet de desserrer l’emprise qu’elle exerce sur ton ressenti.
Introduire une pensée plus juste
Contrairement à ce que l’on entend parfois, remplacer une pensée négative par une pensée excessivement positive n’est pas toujours aidant.
Dire “tout va bien” quand ce n’est pas le cas peut créer un décalage intérieur et renforcer la sensation de ne pas être entendue, même par soi-même.
Je pense qu’il est souvent plus soutenant de viser une pensée plus juste, plutôt qu’une pensée idéalisée.
Par exemple :
- “Je n’y arriverai jamais” peut devenir “C’est difficile pour moi en ce moment.”
- “Je suis nulle” peut devenir “Je fais de mon mieux avec ce que j’ai.”
- “Je rate tout” peut devenir “Tout ne fonctionne pas, mais pas tout n’est un échec.”
Ces reformulations ne nient pas la difficulté, mais elles cessent de l’étendre à toute ton identité.
La répétition comme processus
Changer le dialogue intérieur ne se fait pas en un jour. Les pensées négatives se sont souvent installées sur de longues périodes. Il est donc normal qu’elles reviennent, parfois même après avoir semblé s’apaiser.
Je pense qu’il est essentiel d’aborder ce travail comme un processus, et non comme une performance.
Chaque fois que tu remarques une pensée négative, même tardivement, c’est déjà une avancée.
Chaque fois que tu parviens à interrompre une spirale, même brièvement, c’est un pas.
Il n’y a rien à réussir parfaitement.
Créer un climat intérieur plus sûr
À force de pratiquer cette attention et cette reformulation douce, quelque chose peut changer en profondeur.
Le climat intérieur devient progressivement moins hostile.
Les erreurs sont moins immédiatement associées à une remise en cause globale.
La confiance peut alors se reconstruire sur une base plus stable.
Ce travail intérieur ne supprime pas les difficultés, mais il permet de les traverser sans se détruire intérieurement.
Invitation douce au journaling
Si tu le souhaites, voici quelques pistes d’écriture pour accompagner cette exploration :
- Quelles pensées négatives reviennent le plus souvent chez moi ?
- Dans quelles situations apparaissent-elles ?
- Quelle reformulation plus juste pourrais-je essayer cette semaine ?
- Comment aimerais-je me soutenir intérieurement quand quelque chose est difficile ?
Laisse les réponses émerger sans chercher à les améliorer.
Avec le temps et une pratique régulière, quelque chose peut commencer à se transformer. Les pensées négatives ne disparaissent pas d’un coup, mais leur fréquence et leur intensité peuvent diminuer progressivement. À force de les reconnaître plus tôt, de les interrompre avec douceur, puis de leur opposer des pensées plus justes, l’espace intérieur devient moins saturé de critiques.
Ce changement demande de la patience. Il ne s’agit pas de se “corriger” ni de se forcer à penser positivement, mais d’installer peu à peu un dialogue intérieur plus soutenant. À mesure que ce climat intérieur s’apaise, la confiance peut se renforcer, non pas parce que tout devient facile, mais parce que tu apprends à te traiter avec plus de respect et de stabilité.
En conclusion
Les pensées négatives font partie de l’expérience humaine, mais elles n’ont pas à diriger ta vie intérieure.
Apprendre à les reconnaître, à les interrompre et à les transformer avec douceur peut devenir un véritable soutien pour la confiance en soi.
Tu n’as pas besoin de contrôler ton esprit.
Tu peux simplement apprendre à ne plus te laisser emporter par tout ce qu’il te dit.








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